Éditorial du Globe : Il est temps de traiter les téléphones portables et Internet comme l’infrastructure essentielle qu’ils sont

Méfiez-vous de la mise à niveau de Rogers.

Dans ce qui devient un événement annuel, les services Internet, de téléphonie mobile, de téléphonie résidentielle et de télévision par câble se sont éteints pendant une journée du vendredi au samedi à la suite d’une “mise à niveau de maintenance” du réseau principal de la société de télécommunications. À peine 15 mois plus tôt, en avril 2021, une mise à jour logicielle de routine a interrompu le service sans fil d’un océan à l’autre de l’entreprise pendant 12 heures.

Cette page n’est pas un référentiel de bourses d’études en ingénierie, mais elle n’a pas non plus été épargnée par le chaos causé par les ordinateurs, les imprimantes et autres appareils ménagers qui deviennent soudainement inutilisables après une mise à niveau “de routine”.

Ainsi, lorsque Rogers blâme cette chose même pour la catastrophe qui a empêché des millions de clients d’accéder au 911, fermé le système de paiement d’Interac et empêché certains hôpitaux d’accéder à leurs dossiers médicaux, il est difficile de ne pas le faire. Je me demande comment l’entreprise n’a pas pu prévoir un tel résultat.

Peut-être que oui. Peut-être que l’entreprise a fait un essai équivalent avant la mise à niveau de la semaine dernière et la mise à niveau la moins désastreuse en 2021, et tout s’est bien passé les deux fois et il n’y avait aucun moyen d’empêcher ce qui s’est passé.

Mais les Canadiens ne le sauront probablement jamais. Rogers n’est pas soumis à la surveillance gouvernementale de l’entretien des infrastructures publiques vitales, et cela semble être un réel problème après sa deuxième panne majeure.

Les téléphones cellulaires et Internet ne sont plus des services optionnels pour les Canadiens, que ce soit pour un usage personnel ou dans le cadre d’activités commerciales. Comme d’autres l’ont écrit, Ottawa l’a reconnu avec ses efforts pour étendre la large bande aux régions rurales. D’autres ordres de gouvernement ont fait de même, par le biais de projets conçus pour s’assurer que les personnes à faible revenu peuvent se payer des services Internet et des téléphones cellulaires.

De plus, près de la moitié des ménages canadiens n’ont pas de lignes terrestres. Ils sont complètement dépendants des téléphones portables pour rester en contact avec leurs proches et contacter les services d’urgence.

Les entreprises de toutes tailles, des banques aux restaurants en passant par les chauffeurs Uber, dépendent plus que jamais des téléphones portables, et surtout d’Internet. Il en va de même pour les gouvernements à tous les niveaux. Il en va de même pour les hôpitaux, les laboratoires médicaux et les médecins.

Les gouvernements canadiens établissent des normes de fiabilité et de résilience pour les infrastructures essentielles comme le réseau électrique, ainsi que la supervision de la production alimentaire, de la construction, des banques et de la plupart des autres industries essentielles et vitales. Mais Ottawa a jusqu’ici refusé d’en faire autant pour les téléphones cellulaires et Internet.

La Commission canadienne de la radio-télécommunication, qui réglemente Internet et les téléphones cellulaires, affirme plutôt miser sur la concurrence entre les fournisseurs de services pour assurer une haute qualité de service.

Mais dans un pays dominé par seulement trois entreprises – Bell, Rogers et Telus – et avec Rogers qui tente activement d’acquérir Shaw, un acteur majeur dans l’Ouest, l’idée que la concurrence joue en faveur des Canadiens est douteuse.

Dans son examen de l’industrie des télécommunications de 2021, le CRTC a reconnu que les Canadiens paient plus pour les services Internet et de téléphonie mobile que « ce qui serait le cas dans un marché parfaitement concurrentiel ». Et il a reconnu que “les consommateurs sont confrontés à des obstacles pour changer de fournisseur”.

Fait révélateur, en 2021, l’année précédente de la panne de Rogers, l’entreprise a connu un taux de désabonnement inférieur, ce qui indique le nombre d’abonnés qui ont quitté l’entreprise au cours d’une période donnée, par rapport à l’année précédente, selon son rapport annuel 2021.

Ajoutez à cela le fait que le plus grand fournisseur de services sans fil du pays a connu deux pannes majeures en moins de 15 mois, et l’affirmation selon laquelle la main invisible du marché est à l’œuvre chaque fois que Rogers ou l’un de ses concurrents fait un correctif logiciel n’est pas bien défendue. . .

Il y avait des gens paniqués qui ont désespérément essayé d’appeler le 911 vendredi mais n’ont pas pu, des entreprises qui ont perdu des ventes et des médecins qui n’ont pas pu accéder aux dossiers des patients.

Et bien que le Canada protège ses quelques géants des télécommunications de la concurrence étrangère et nationale, il ne parvient pas à garantir que l’infrastructure essentielle dont profitent les entreprises respecte les normes de fiabilité de base.

Ottawa a deux options : il permet une plus grande concurrence au Canada et rend ainsi le système plus fiable ; ou il peut intervenir et faire le travail en l’absence d’un véritable marché. Pour la sécurité des Canadiens, cela ne peut pas être dans les deux sens.

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