Qu’est-ce que les sciences sociales computationnelles ?

Qu’est-ce que les sciences sociales computationnelles ?

La quantité de données surveillées par les applications Web et les plateformes de médias sociaux a augmenté de façon exponentielle ces dernières années. Cela signifie que les chercheurs et les analystes ont désormais accès à une quantité presque infinie de données sur le comportement social des gens en ligne. Les sciences sociales computationnelles sont un domaine où les chercheurs utilisent ces données pour répondre à d’importantes questions de sciences sociales. Pour bien faire cela, ils doivent développer des compétences en analyse de données et en programmation.

Pourquoi est-ce important?

Lorsque les gens laissent une empreinte numérique stockée sous forme de texte, d’images, de mesures d’interaction et, bien sûr, de métadonnées, les motifs derrière ces messages peuvent être analysés et traités mathématiquement pour évaluer le comportement social des gens. Les chercheurs s’efforcent de combiner de grands ensembles de données existants provenant de sites tels que Twitter, des commentaires sur des articles de blog ou des mots clés dans les médias avec des réponses à des enquêtes randomisées à petite échelle afin de mieux comprendre la culture humaine à l’ère numérique. Ces systèmes aident ensuite les chercheurs à répondre à des questions importantes pour les décideurs politiques, les ONG, les entreprises et la société dans son ensemble.

La pauvreté

Les applications informatiques des sciences sociales sont très répandues et peuvent fournir une vue d’ensemble des problèmes mondiaux tels que la pauvreté. L’ONU estime que le taux de pauvreté mondial en 2030 sera de sept pour cent. La crise actuelle du COVID-19, les conflits violents et le changement climatique constituent une menace réelle pour la réduction de la pauvreté dans le monde. Un autre défi majeur dans la lutte contre la pauvreté est le manque de bonnes données. De nombreux pays en développement ne disposent pas de systèmes statistiques nationaux pour fournir des informations sur où et dans quelle mesure les personnes vivent dans la pauvreté.

Pour combler cette lacune, les chercheurs en sciences sociales computationnelles ont trouvé des moyens d’estimer le niveau de richesse associé à leurs maisons grâce à l’analyse des métadonnées des téléphones portables. Sur la base des métadonnées disponibles dans les journaux d’appels de 1,5 million d’utilisateurs de téléphones mobiles rwandais, les chercheurs ont pu analyser les emplacements des appels entrants et sortants dans une enquête randomisée auprès de 1 000 utilisateurs de téléphones mobiles afin de créer un modèle d’estimation des niveaux de pauvreté. Aires résidentielles.

Les évaluations élaborées par des chercheurs en sciences sociales computationnelles peuvent être utilisées par les décideurs politiques et les ONG pour orienter les stratégies d’aide et de développement afin de cibler les zones où les niveaux de pauvreté sont les plus élevés. En combinant les questions de justice sociale avec les mégadonnées, cette étude est évolutive et peut être appliquée dans une variété de contextes et de contextes sociaux.

Changement climatique

Au cours des étés 2019 et 2020, il y a eu des feux de brousse catastrophiques mensuels en Australie. La mort de 33 personnes, la mort ou le déplacement de près de 3 milliards d’animaux et l’incendie de plus de 24 millions d’hectares en Australie ont attiré une attention considérable du public et de nombreuses discussions sur les réseaux sociaux. Pendant et immédiatement après les incendies, de nombreux scientifiques, politiciens et militants pour le climat espéraient que l’ampleur de la dévastation conduirait à la lutte contre le changement climatique.

En réponse à cette crise, des chercheurs en sciences sociales computationnelles ont cherché à mieux comprendre le lien entre les feux de brousse et les perceptions du changement climatique. Sur la base des données de 9 000 tweets, les chercheurs ont pu identifier et suivre les mots-clés et les signes de hachage pour évaluer les infractions liées à la crise des feux de brousse, la causalité, le niveau d’urgence et les tactiques de prévention. Ce faisant, ils ont pu analyser un débat chargé et émotionnel avec des outils scientifiques.

Ils ont constaté que, malgré certaines informations erronées, les activités de Twitter ont accru le soutien aux mesures de lutte contre le changement climatique autour des feux de brousse en Australie. L’analyse a montré que les utilisateurs qui ont participé aux discussions de Twitter sur les feux de brousse ont tenté de délégitimer ceux qui étaient tenus pour responsables des incendies, tels que les politiciens qui nient le climat. Non seulement il a été possible d’observer une augmentation des discussions sur les incendies et le changement climatique, mais la nature de ces discussions a également été utilisée pour attirer davantage l’attention sur le problème lui-même.

Que peut-on attendre du futur du CSS ?

Le domaine des sciences sociales computationnelles se développe et comprend désormais des chercheurs du monde entier. Poussés par l’objectif de réduire les barrières à l’entrée pour les chercheurs en début de carrière, deux chercheurs, le sociologue Chris Bail (Duke) et le spécialiste de l’information Matt Salganik (Princeton), ont lancé l’Institut d’été pour les sciences sociales computationnelles (SICSS). SICSS est un programme international de formation d’excellence conçu pour former la prochaine génération de chercheurs et pour incuber des projets de pointe qui transcendent les frontières disciplinaires.

En juin 2022, le SICSS s’est tenu pour la première fois en Australie. Il est géré par le Sydney Centre for Advanced Research in the Social Sciences and Humanities (SSSHARC) et cofinancé par CSIRO Data61 et l’Académie australienne des sciences sociales. Il a ouvert ses portes à un large groupe de 10 doctorants et chercheurs débutants de l’Université d’Australie, travaillant dans 12 disciplines, des médias et de la communication aux mathématiques et au droit. En réunissant des chercheurs en technologie et des partenaires industriels, SICSS-Sydney souhaite soutenir la prochaine génération d’experts en informatique travaillant sur des problèmes mondiaux urgents.

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