Limitez le harcèlement violent en ligne

Les menaces violentes ou les appels à la décapitation sur Internet entrent dans la catégorie des injustices vigilantes.

Dans une société pluraliste comme l’Inde, où les religions sont nombreuses, il est essentiel que les tenants de toutes les religions maintiennent un certain décor dans le débat public, surtout lorsqu’ils se réfèrent à la religion de l’autre. Les récents débats très médiatisés à la télévision et sur les réseaux sociaux, où les participants auraient franchi la ligne de la retenue religieuse, ont suscité l’indignation du public et se sont concentrés sur la question brûlante du blasphème.
Qu’est-ce que le blasphème exactement ? Existe-t-il une référence standard pour définir le blasphème ? Et comment la société devrait-elle répondre à ceux qui insultent ?
Le mot blasphème est dérivé du mot grec “blasphémie” et selon Merriam-Webster est “une insulte à Dieu ou un manque de mépris ou de révérence ; et / ou un acte d’exiger les attributs de la divinité”.
Selon le Pew Research Center, en 2019, 79 pays dans le monde (40 %) avaient des lois sur le blasphème dans leurs livres. Cependant, tous les pays ne sont pas d’accord sur les sanctions. Alors que certains pays se contentent de la simple imposition d’amendes, d’autres peuvent exiger des peines plus sévères, comme l’emprisonnement ou même la mort. Le Pakistan, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Afghanistan prévoient la peine de mort pour blasphème. En 2019, au moins 17 personnes ont été condamnées à mort pour blasphème au Pakistan.
Le concept central d’insulter le crime de blasphème est une émotion subjective qui peut varier d’un individu à l’autre. Il y a une petite ligne entre la critique justifiée et le blasphème, et cela peut affecter la liberté d’expression. Ce qui peut sembler stupide pour une personne peut être moins blasphématoire pour une autre. Pour cette raison, de nombreux pays ont abrogé ou peu utilisé les lois existantes sur le blasphème.
Il n’y a pas de loi anti-blasphème en soi en Inde. Les personnes qui offensent les sentiments religieux sont poursuivies en vertu de lois anti-haine mieux définies. L’article 295A du Code pénal indien, la loi sur le patrimoine britannique, stipule que “quiconque intimide intentionnellement et avec malveillance les sentiments religieux d’une catégorie de citoyens indiens, que ce soit par un mot ou un signe oral ou écrit ou une représentation visible, ou autrement insulte ou insulte le religion ou convictions religieuses de cette catégorie est passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans ou d’une amende ou des deux.
Différentes religions perçoivent différemment l’insulte de la religion. Traditionnellement, le blasphème est un terme dérivé des religions d’Abraham. Le concept de blasphème n’est pas mentionné dans les écritures hindoues, apparemment à cause de la construction ouverte de cette théologie, qui met l’accent sur le dialogue et la recherche.
En conséquence, les hindous semblent moins sensibles aux insultes à leur religion. Mais dans une société multi-religieuse comme l’Inde, une telle qualité ne peut être interprétée ou utilisée comme une licence pour calomnier l’hindouisme et la volonté des dieux, ce qui arrive souvent.
Un exemple est un cas récent. La découverte du présumé hindou Shivling dans la mosquée Gyanvap a provoqué un certain nombre d’allusions sur les réseaux sociaux. Un journaliste éminent a retweeté une photo qui se moquait de Shivling par rapport à un réacteur nucléaire ; un journal grand public a donné une autre tournure à ce canard en publiant ces images. Un autre tweet a ridiculisé l’affaire, affirmant qu’un certain nombre de barrières de pierre pourraient être des Shivlings.
Le fait que ces incidents n’aient pas entraîné beaucoup de nuisances et de pleurs ou un appel à la décapitation des auteurs ne rend pas ces insultes moins brutales que d’autres violations similaires impliquant d’autres religions. Nous devons faire preuve de respect envers les sentiments religieux de chacun, malgré nos sensibilités différentes.
Le blasphème est un sujet sensible et changeant qui évoque des émotions fortes, telles qu’une blessure profonde et une rage incontrôlable, se manifestant parfois par un appel téméraire à une punition immédiate. La justice vigilante du juge, du jury et des gangs agissant en tant que bourreaux est une conséquence courante des lois sur le blasphème, en particulier dans les sociétés fondamentalistes radicalisées comme le Pakistan. Depuis 1990, quelque 70 personnes accusées de blasphème y ont été lynchées ou assassinées par la foule ; les tentatives de modifier même la loi sur le blasphème ont été condamnées, entraînant le meurtre de partisans.
Le champ libre mais non régulé et non filtré des médias sociaux, où la retenue est un désir, est devenu un autre terrain fertile pour une justice vigilante. Il y a des appels sur Internet pour la décapitation des personnes accusées de blasphème arbitraire, comme nous l’avons vu dans une récente déclaration présumée d’un membre du parti au pouvoir en Inde.
La question à un million de dollars est de savoir comment aborder le problème du prétendu discours de haine religieuse ?
Permettez-moi de commencer par clarifier cela. Personne n’a le droit d’insulter une autre religion et ne peut être approuvé. Cependant, la culpabilité d’une personne doit être prouvée devant un tribunal avant qu’elle ne puisse être condamnée. Notre capacité à traiter de telles violations d’une manière systématique et acceptable, sur la base des lois du pays, nous définit comme une société civilisée.
Une justice vigilante, rendue à des foules spontanément assoiffées de sang ou à des auteurs privés, va à l’encontre du principe du procès équitable de l’accusé ; en outre, cela peut entraîner des abus, des abus et la perte de vies innocentes ; la liberté d’expression est également affectée négativement par cette volonté personnelle.
Cette catégorie vigilante d’injustice comprend également des menaces violentes ou des appels à la décapitation sur Internet. L’impact croissant d’Internet rend essentiel de freiner de manière proactive et immédiate les expressions susceptibles d’encourager de véritables meurtres. Les auteurs doivent être traqués et punis intégralement par la loi afin que cette tendance croissante puisse être stimulée.
Le gouvernement doit utiliser ces récents incidents pour envoyer un message fort à tous que l’intimidation violente par Internet est aussi coupable que l’intimidation physique. N’oublions pas que l’article 507 du code pénal indien, qui s’applique à la cybercriminalité, est favorable à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans pour intimidation criminelle.

Leave a Comment