Comment les subventions ont aidé Montréal à devenir “Hollywood du jeu vidéo”: Planet Money: NPR

Le bureau montréalais du géant français du jeu vidéo Ubisoft peut être vu le 18 juillet 2020 au Québec, Canada.

ÉRIC THOMAS / AFP via Getty Images


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Le bureau montréalais du géant français du jeu vidéo Ubisoft peut être vu le 18 juillet 2020 au Québec, Canada.

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Genshin Impact est un jeu de rôle primé créé par le développeur de jeux vidéo chinois miHoYo. Un an après sa sortie en septembre 2020, le jeu a réussi à récolter plus de 2 milliards de dollars de revenus. Ces revenus font de Genshin Impact l’une des sorties de jeux vidéo les plus rentables de tous les temps et tout simplement le projet le plus réussi de miHoYo au cours des neuf années d’histoire de l’entreprise.

Après avoir vu un tel succès, l’expansion de l’entreprise était naturelle. La question pour miHoYo était : où aller ? La question a reçu une réponse en novembre lorsqu’un développeur chinois a annoncé qu’il ciblait l’Occident et qu’il ouvrait un bureau à Montréal, au Canada.

À première vue, cela peut sembler un peu étrange. Montréal? Pourquoi pas Tokyo ou San Francisco ou d’autres villes qui ont traditionnellement dominé l’industrie technologique ? Mais au cours des dernières décennies, Montréal est devenue l’une des villes les plus attrayantes pour les développeurs de jeux vidéo. Tellement attrayant que, selon l’Agence de développement international de Montréal, plus de 200 studios y sont implantés d’ici 2021.

Le secret du succès de Montréal? Incitations fiscales. La province de Québec, dont la plus grande ville est Montréal, attire les entreprises multimédias en leur offrant des subventions pour embaucher des gens dans la province. Les contribuables québécois paient une grande partie des salaires des travailleurs locaux du multimédia. Ces subventions ont sans aucun doute aidé Montréal à devenir un centre de premier plan pour le développement de jeux vidéo; Cependant, le Québec a peut-être mis en place un système qui dépend constamment de l’argent des contribuables pour maintenir sa position.

Un lobbyiste qui a contribué au lancement de l’industrie montréalaise du jeu vidéo

L’essor de Montréal comme capitale du jeu vidéo remonte au début des années 1990. Ses principales industries – le textile et la fabrication – étaient en déclin. La ville saignait. Les responsables québécois voulaient élaborer un plan pour renverser cette tendance.

Arrive Sylvain Vaugeois, consultant et lobbyiste engagé politiquement au Québec. Une publication l’a décrit comme un “trafiquant iconoclaste dépendant de la cocaïne”. Vaugeois a élaboré un plan qui, selon lui, renforcera l’industrie multimédia de Montréal. Son idée, connue sous le nom de Planifier un Mercure, était d’accorder des incitatifs fiscaux à une grande entreprise de jeux vidéo désireuse d’établir un bureau à Montréal. Plus précisément, le gouvernement investit jusqu’à 25 000 dollars canadiens par employé chaque année pour travailler pour une entreprise basée dans la ville.

Le gouvernement provincial du Québec a d’abord refusé d’appuyer le plan parce qu’il le considérait comme inutile et comme un lourd fardeau pour les contribuables locaux. Vaugeois a rejeté le rejet et a recherché un prétendant potentiel à sa propre demande. Il s’est rendu à Paris et a organisé une rencontre avec la société française de jeux vidéo Ubisoft, à l’origine de la populaire série Rayman.

Les dirigeants d’Ubisoft ont commencé à se développer à l’échelle mondiale après l’introduction en bourse de 1996. L’implantation du studio au Québec était particulièrement intéressante pour Ubisoft, car la province a une population majoritairement francophone et était proche du grand marché américain du jeu. Ainsi, lorsque Vaugeois – ignorant le fait que Québec venait de rejeter son plan – a présenté son idée de soutien fiscal à Ubisoft, la société de jeux a rapidement envoyé des enquêteurs montréalais, supposant que le gouvernement avait déjà signé l’entente.

Ubisoft a été choqué d’arriver à Montréal et a appris que le gouvernement n’avait pas approuvé les subventions. Il y a eu une confusion et Ubisoft a commencé à envisager de construire un studio ailleurs. Lorsque la nouvelle s’est répandue, les médias locaux n’étaient pas favorables au gouvernement du Québec. Il y avait des centaines de nouveaux emplois à venir.

Au même moment, d’autres endroits en Amérique du Nord ont commencé à attirer Ubisoft. Et les dirigeants du Québec ont dû prendre une décision : donner à Ubisoft l’argent des contribuables que Vaugeois avait offert, sinon vous pourriez perdre vos chances de trouver des centaines de nouveaux emplois techniques et de développer l’industrie multimédia de la ville. Québec et Ubisoft se sont lancés dans un long processus de négociation qui a finalement abouti à une entente s’élevant à 25 000 $CAN par employé pour 500 employés d’Ubisoft sur cinq ans, comme initialement prévu à Vaugeois. Planifier un Mercure. Contrairement au plan initial, Québec accordait maintenant à Ubisoft 15 000 $ par employé, et la province a persuadé le gouvernement fédéral d’ajouter 10 000 $ par employé.

Cependant, cet accord généreux ne s’appliquait qu’à Ubisoft et d’autres sociétés ont protesté en faveur d’une seule société. Ainsi, en 1996, le Québec a officiellement instauré un nouveau crédit d’impôt intitulé « Crédit d’impôt remboursable pour la production de titres multimédias », un crédit d’impôt remboursable pour la production de titres multimédias. Le crédit couvre un maximum de 37,5 % des coûts de main-d’œuvre admissibles si le titre multimédia est disponible en français et jusqu’à 30 % si le titre n’est pas disponible. En 2021, un crédit d’impôt multimédia a coûté au Québec environ 253 millions de dollars.

Un système durable ?

Le généreux soutien du gouvernement aux entreprises multimédias a aidé le Québec à s’imposer comme « Hollywood du jeu vidéo ». Ubisoft Montréal est maintenant le plus grand studio d’Ubisoft avec plus de 4 000 employés et l’un des plus grands studios de production de jeux vidéo au monde. L’année dernière seulement, Amazon Games, Quantic Dream et le miHoYo susmentionné ont annoncé leur intention de construire des studios urbains.

Cependant, les politiques de subventions aux entreprises multimédias ont été critiquées. Ces critiques soutiennent souvent que le crédit d’impôt aide principalement les entreprises étrangères qui s’installent et établissent des bureaux satellites à profiter du généreux soutien des contribuables. Des militants ouvriers accusent les sociétés de jeux de maltraiter de nombreux employés. De plus, les critiques affirment que les subventions ont un effet de distorsion, donnant aux entreprises multimédias un avantage injuste et arbitraire dans le recrutement de talents locaux. Les entreprises technologiques locales se plaignent d’avoir des difficultés à recruter des travailleurs qualifiés car elles sont nombreuses à entrer dans le secteur subventionné du multimédia.

Les partisans des subventions affirment que la politique attirera des employeurs du monde entier et créera des milliers d’excellents emplois qui ne seraient pas créés autrement au Québec. Ces travailleurs paient des impôts et dépensent leurs salaires dans des entreprises locales, ce qui rend l’économie québécoise plus forte. En 2017, un porte-parole du gouvernement du Québec a déclaré Un journal que le secteur du multimédia génère tellement d’activité économique que « les revenus fiscaux du secteur pour le gouvernement du Québec sont supérieurs au coût du crédit d’impôt ».

Les subventions fiscales peuvent avoir des effets de distorsion, donnant à une industrie un avantage arbitraire sur les autres. Mais en même temps, ils semblent avoir contribué à faire de Montréal un centre de jeux vidéo. Au cours des dernières décennies, tout un écosystème de jeu a émergé autour de la ville. Les universités locales ont maintenant des programmes dédiés au développement de jeux (par exemple, l’Université Concordia a un partenariat formel avec Ubisoft pour offrir un cours de conception de jeux). Il offre un vivier constant de talents locaux à plus de 200 studios ayant des racines montréalaises et pourrait attirer davantage de développeurs de jeux dans la ville. Les gestionnaires de jeux font souvent référence au Québec, qui possède l’écosystème le plus attrayant de subventions à la main-d’œuvre, une main-d’œuvre spécialisée et des opérateurs et revendeurs de jeux de hasard partageant les mêmes idées.

Alors que cet écosystème prospère maintenant au Québec, la question naturelle est de savoir si le gouvernement peut commencer à réduire son généreux programme de soutien. Le Québec a tenté de le faire en 2014, dans le cadre d’efforts plus larges pour réduire les dépenses et équilibrer le budget. Les décideurs voulaient réduire de 20 % le crédit d’impôt multimédia. Mais même cette proposition relativement modeste a reçu un revers rapide pour les studios de jeux. Certains studios, dont Ubisoft, ont menacé de quitter la ville. Québec a finalement reculé. La facture fiscale pour la création de jeux vidéo dans la province a encore augmenté depuis. Il semble que la construction de “Video Games Hollywood” puisse continuer avec le généreux soutien des contribuables.

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